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Différentiel Type A vs Type AC : lequel choisir en 2026 ?

Type AC, Type A, Type F, Type B — derrière ces lettres se cachent des protections très différentes. Voici, sans jargon inutile, comment choisir le bon différentiel résiduel selon vos circuits (induction, lave-linge, borne de recharge VE). Par Serge Mariette, artisan électricien à Belfort depuis 1995.

À quoi sert un différentiel ?

C'est sans doute la confusion la plus fréquente que je rencontre chez les particuliers : on mélange disjoncteur et différentiel. Pourtant, ces deux dispositifs ne font pas du tout le même travail.

  • Le disjoncteur (divisionnaire) protège le circuit lui-même. Il coupe en cas de surcharge (trop d'appareils branchés) ou de court-circuit (phase qui touche le neutre). Son rôle : éviter que les fils ne chauffent et provoquent un incendie.
  • Le différentiel, lui, protège les personnes. Il surveille en permanence le courant qui entre dans le circuit (par la phase) et celui qui en sort (par le neutre). Tant que les deux sont égaux, tout va bien. Dès qu'une partie du courant fuit ailleurs — par exemple à travers votre corps en cas de contact direct, ou à travers la terre via une carcasse métallique défectueuse — le différentiel détecte le déséquilibre et coupe le circuit.

Pour faire simple : le disjoncteur empêche l'incendie, le différentiel empêche l'électrocution. Les deux sont obligatoires, et les deux sont complémentaires. C'est pour ça qu'on trouve aujourd'hui dans la plupart des tableaux modernes des disjoncteurs différentiels, qui combinent les deux fonctions dans un seul module.

À retenirSans différentiel 30 mA, un défaut d'isolation peut être mortel. Un adulte en bonne santé entre en fibrillation cardiaque à partir de 30 mA pendant 0,5 seconde. Un différentiel à haute sensibilité coupe en moins de 30 millisecondes — soit dix fois plus vite que le seuil de risque.

30 mA : la valeur magique

Pourquoi 30 milliampères ? Parce que c'est la limite physiologique de tolérance du corps humain. Les normes européennes (CEI 60479) ont défini les seuils suivants :

  • 0,5 mA : seuil de perception (picotement).
  • 10 mA : seuil de non-lâcher (les muscles se contractent, impossible de retirer la main).
  • 30 mA : seuil de tétanisation des muscles respiratoires — au-delà, asphyxie possible.
  • 50 mA : risque de fibrillation cardiaque.

En coupant à 30 mA en moins de 30 ms, le différentiel haute sensibilité garantit qu'aucune fuite de courant ne dépasse le seuil mortel. C'est pour ça qu'on parle de « 30 mA » comme valeur magique : c'est la frontière entre la simple décharge et le drame. La norme NF C 15-100 impose le 30 mA sur l'ensemble des circuits terminaux d'un logement.

Attention à ne pas confondre avec les différentiels 300 mA ou 500 mA que l'on trouve parfois en tête d'installation (ex. disjoncteur de branchement Enedis) : ceux-là ne protègent pas les personnes mais l'installation contre les courants de fuite vers la terre, et préviennent les incendies. Ils sont nécessaires en plus, pas à la place du 30 mA.

Le différentiel Type AC — le plus simple

Le Type AC est le différentiel historique, le plus basique et le moins cher. Il détecte uniquement les courants de défaut alternatifs sinusoïdaux purs — c'est-à-dire le courant du réseau standard, à 50 Hz, sans déformation.

Tant que votre installation n'alimente que des appareils résistifs (ampoules à incandescence, convecteurs électriques type « grille-pain », anciennes prises de salon avec lampe halogène, fer à repasser), le Type AC fait parfaitement le travail. Il est tout à fait suffisant pour :

  • les circuits d'éclairage des pièces de vie (salon, chambres, couloirs) ;
  • les prises de courant des pièces sèches (salon, chambres, bureau) qui n'alimentent pas d'électronique de puissance ;
  • les volets roulants traditionnels ;
  • les radiateurs électriques anciens (convecteurs simples sans régulation électronique).

En revanche, il est strictement interdit par la NF C 15-100 sur les circuits qui alimentent des appareils générant des courants pulsés ou redressés. Ça concerne notamment :

  • les plaques de cuisson à induction ;
  • les lave-linge et sèche-linge modernes ;
  • les lave-vaisselle récents ;
  • les fours pyrolyse et micro-ondes intégrés ;
  • les circuits avec variateurs électroniques.

Pourquoi cette interdiction ? Parce que ces appareils contiennent de l'électronique de puissance (redresseurs, onduleurs) qui transforme le courant alternatif sinusoïdal en courant pulsé. Un Type AC est aveugle à ce type de défaut — il ne le détectera tout simplement pas. En cas de fuite à la terre, il ne coupera pas. Le risque d'électrocution est donc réel.

Le différentiel Type A — celui qu'on installe le plus

Le Type A est aujourd'hui le différentiel par défaut dans la plupart des tableaux neufs. Il fait tout ce que sait faire le Type AC, plus la détection des courants pulsés redressés (issus de l'électronique de puissance).

La NF C 15-100 impose, depuis l'amendement A5, qu'au moins un interrupteur différentiel Type A 30 mA soit présent dans tout tableau résidentiel, et qu'il protège au minimum les circuits suivants :

  • Plaque de cuisson — en particulier la plaque à induction, qui est un cas typique d'électronique de puissance ;
  • Lave-linge — moteur à variateur ;
  • Lave-vaisselle — pompe à variateur électronique ;
  • Four électrique, en particulier ceux à pyrolyse ou avec affichage électronique ;
  • Circuit dédié IRVE (recharge VE monophasée Mode 3) si vous avez une borne de recharge à domicile.

Concrètement, dans une maison de 2026, la quasi-totalité des nouveaux tableaux ont besoin d'au moins un différentiel Type A. C'est l'évolution naturelle : nos cuisines se sont remplies d'électronique, le Type AC ne suffit plus.

À noter : le Type A protège aussi les appareils que protégeait le Type AC. Donc, si vous remplacez un Type AC par un Type A, vous n'avez aucune fonctionnalité à perdre. Le seul prix à payer : 30 à 60 € de plus par module.

Le différentiel Type F (Si) — anti-déclenchement intempestif

Le Type F est une évolution du Type A avec une caractéristique supplémentaire : il est « superimmunisé » contre les déclenchements intempestifs. Il est souvent commercialisé sous le nom « Hi », « HpI » chez Hager, « Si » chez Schneider ou Legrand.

Concrètement, le Type F gère mieux :

  • les courants à fréquence variable (typiquement, les plaques à induction haut de gamme qui modulent la puissance par variation de fréquence) ;
  • les parasites haute fréquence générés par les appareils électroniques modernes ;
  • les pics de surtension brefs (orages, micro-coupures réseau).

Il est particulièrement recommandé pour :

  • les circuits qui alimentent un congélateur (où un déclenchement intempestif pendant que vous êtes en vacances signifie 200 € de viande perdue) ;
  • les chauffe-eau électroniques (ballon thermodynamique avec carte régulation) ;
  • les cuisines haut de gamme avec plaques à induction professionnelles ou plusieurs gros appareils en parallèle ;
  • les installations informatiques sensibles (bureau professionnel, serveur).

Le surcoût (50 à 80 € par module par rapport à un Type A) est largement justifié si vous avez déjà eu des « pannes mystères » avec un congélateur qui dégèle sans raison.

Le différentiel Type B — borne VE et IRVE triphasée

Le Type B est le plus haut niveau de protection différentielle. Il détecte tous les types de courants de défaut : alternatifs sinusoïdaux, pulsés, et continus lisses. C'est cette dernière capacité qui le rend indispensable dans certains cas très précis.

Le Type B est obligatoire dès qu'il y a un risque de courant continu de défaut, typiquement :

  • Bornes de recharge VE triphasées (Mode 3, > 7,4 kW) : le chargeur du véhicule électrique contient un onduleur qui peut générer des fuites en courant continu. Un Type A ne les détecte pas.
  • Installations photovoltaïques avec onduleur sans isolement galvanique.
  • Certains variateurs industriels (mais peu pertinent en résidentiel).

À noter : sur les bornes de recharge VE monophasées (jusqu'à 7,4 kW), un différentiel Type A suffit à condition que la borne dispose elle-même d'un dispositif de détection de courant continu intégré (DDR 6 mA continu). C'est le cas de la majorité des wallbox du marché (Wallbox Pulsar Plus, Schneider EVlink, Hager Witty…). Si la borne n'a pas ce module intégré : Type B obligatoire en amont.

Le coût d'un Type B (250 à 450 €) est nettement supérieur à un Type A. C'est un poste à intégrer dans le budget d'une installation IRVE dès la phase de projet.

Comment savoir lequel j'ai déjà ?

Il suffit d'aller voir votre tableau et de regarder les pictogrammes imprimés sur le boîtier de chaque différentiel (généralement sur la face avant, à côté du bouton Test). Voici comment les distinguer :

  • Type AC : une simple onde sinusoïdale (un trait ondulé, ressemblant à un « ~ » étiré). C'est l'icône la plus simple.
  • Type A : la sinusoïde ondulée + des barres verticales (impulsions) au-dessous, représentant les courants pulsés. Souvent en dessous d'un « ~ » et d'un graphe en pics.
  • Type F : le picto Type A + mention « Hi », « HpI » ou « Si » écrite en lettres à côté.
  • Type B : double picto, une sinusoïde + une ligne droite (courant continu). Souvent doublé d'une marque « DC » ou « = » lisible.

Si les pictos sont effacés (vieux tableau, exposition à l'humidité), la référence imprimée sur le côté du module permet une recherche fabricant. Sur Schneider, par exemple : ID40 = Type AC, A9R11 = Type A, A9R61 = Type F (Si), A9CR41 = Type B.

Tableau récapitulatif : quel type pour quel circuit en 2026

CircuitType minimum NF C 15-100Recommandation EMS
Éclairage pièces sèchesACAC ou A
Prises pièces sèches (salon, chambres)ACAC ou A
Lave-lingeAA ou F
Lave-vaisselleAA ou F
Plaque inductionAF (Si) recommandé
Four électriqueAA
Congélateur dédiéAF (Si)
Chauffe-eau électroniqueAF (Si)
Borne de recharge VE monophaséeA + DDR 6 mA continu intégré borneA si borne compatible, sinon B
Borne de recharge VE triphaséeBB
Salle de bains (volume protégé)AA

Combien ça coûte ?

Les fourchettes de prix observées en 2026, hors pose, pour des modules de marques françaises de référence (Schneider Resi9, Hager Volta, Legrand DRIVIA) :

Différentiel 30 mACalibrePrix TTC fourniture
Type AC40 A25 – 50 €
Type A40 A60 – 110 €
Type F (Si / Hi / HpI)40 A95 – 180 €
Type B (IRVE triphasée)40-63 A250 – 450 €
Pose par électricien40 – 90 € / module

Le coût de pose dépend de la complexité : remplacement à l'identique d'un module défaillant, environ 40 € ; ajout d'un nouveau différentiel avec recâblage de plusieurs circuits, plutôt 70 à 90 €. À cela peuvent s'ajouter d'éventuels travaux de réorganisation du tableau si l'espace manque.

Bon à savoirIl existe aussi des « disjoncteurs différentiels » qui combinent dans un seul module la protection circuit + la protection des personnes. Plus chers à l'unité (40 à 80 €), ils libèrent de l'espace dans le tableau et offrent une sélectivité plus fine. Très pertinent pour la cuisine et la salle de bains.

Combien de différentiels 30 mA dans un tableau ?

La règle NF C 15-100 est précise : au maximum 8 circuits par interrupteur différentiel, avec une réserve supplémentaire selon la nature des circuits protégés.

En pratique, un tableau résidentiel typique de 2026 comporte :

  • 1 différentiel Type A 40 A dédié aux circuits cuisson + lavage (plaque, four, lave-linge, lave-vaisselle) : 4 à 5 circuits ;
  • 1 différentiel Type AC 40 A pour l'éclairage et les prises des pièces sèches : 4 à 6 circuits ;
  • 1 différentiel Type AC 40 A pour les radiateurs et le chauffe-eau (si non électronique) : 2 à 4 circuits ;
  • Optionnel : 1 différentiel Type F 40 A pour le congélateur et les circuits sensibles ;
  • Optionnel : 1 différentiel Type B si borne de recharge VE triphasée.

Une règle de bon sens : ne pas mettre congélateur et plaque à induction sous le même différentiel. Si la plaque déclenche, vous perdez tout le congélateur sans le savoir.

Erreurs vues sur le terrain

Voici les erreurs les plus fréquentes que je rencontre lors de diagnostics dans la région de Belfort :

1. Type AC sur plaque à induction

Sans doute la non-conformité la plus répandue en 2026 dans les tableaux des années 2000-2010, où l'on a remplacé une plaque vitrocéramique par une induction sans revoir le différentiel amont. Le circuit fonctionne en apparence — mais ne protège plus contre l'électrocution.

2. Oubli de protection sur le lave-linge

Cas classique : prise spécialisée lave-linge en salle de bains, alimentée par un Type AC. Combo dangereux : eau + variateur électronique + Type AC aveugle aux courants pulsés. À corriger immédiatement.

3. Différentiel sous-calibré

Un Type A 25 A sur un circuit qui consomme régulièrement 30 A : déclenchements thermiques en série. Il faut calibrer le différentiel sur la somme des intensités des disjoncteurs avals. Règle simple : différentiel de 40 A pour des disjoncteurs cumulés jusqu'à 40 A, 63 A au-delà.

4. Mauvais ordre de cascade

Les disjoncteurs divisionnaires doivent être en aval du différentiel de leur rangée, pas en amont. Cette erreur, courante dans les tableaux auto-réalisés, conduit à des protections qui ne servent à rien.

5. Mélange de types incompatibles

Un différentiel Type AC en tête + un Type A en aval = la protection se résume à celle du Type AC. Pour bénéficier de la protection Type A, il faut que tous les différentiels de la rangée soient Type A ou supérieur.

Test mensuel obligatoire — le bouton T

Chaque différentiel possède un bouton « T » (ou « Test ») sur sa face avant. La NF C 15-100 et tous les fabricants recommandent de l'actionner une fois par mois.

Pourquoi ? Parce qu'un différentiel est un dispositif mécanique avec une bobine et un déclencheur qui peuvent gripper avec le temps, surtout dans des environnements poussiéreux ou humides (garage, sous-sol). Une étude de la CONSUEL a montré qu'environ 10 % des différentiels installés depuis plus de 10 ans ne déclenchent plus correctement quand on appuie sur Test.

La procédure prend 30 secondes :

  1. Appuyer sur le bouton T : la rangée correspondante doit immédiatement se couper.
  2. Réarmer le levier du différentiel : tout doit revenir à la normale.
  3. Si le bouton T ne déclenche pas le différentiel, ou si le levier ne se réarme pas : module à remplacer immédiatement.

Faites-le un dimanche par mois, sur l'ensemble des différentiels du tableau. C'est l'un des gestes de sécurité électrique les plus simples et les plus utiles à connaître.

FAQ — Différentiel Type A vs Type AC

Quelle est la différence entre un différentiel et un disjoncteur ?

Le disjoncteur protège le circuit (et donc votre installation) contre les surcharges et les courts-circuits. Le différentiel protège les personnes contre l'électrocution en coupant le courant en moins de 30 ms dès qu'il détecte une fuite supérieure à 30 mA vers la terre. Les deux sont obligatoires et complémentaires.

Le différentiel Type A est-il obligatoire en 2026 ?

Oui. Depuis l'amendement A5 de la NF C 15-100, au moins un Type A 30 mA est obligatoire dans tout tableau résidentiel. Il doit protéger les circuits cuisson (plaque induction notamment), lave-linge, lave-vaisselle et la prise dédiée au four.

Quel est le prix d'un différentiel 30 mA en 2026 ?

25 à 50 € pour un Type AC 40 A, 60 à 110 € pour un Type A 40 A, 95 à 180 € pour un Type F, et 250 à 450 € pour un Type B (IRVE triphasée). Pose par un électricien : 40 à 90 € selon complexité.

Faut-il remplacer les Type AC dans une vieille maison ?

Pas tant que vous n'avez pas d'appareil exigeant le Type A (induction, lave-linge récent, lave-vaisselle récent). Dès l'ajout d'un de ces équipements, le circuit doit basculer sous un Type A. C'est l'occasion idéale d'une mise en conformité du tableau.

En copropriété, qui décide du type de différentiel ?

Votre tableau privatif est sous votre seule responsabilité. La copropriété n'a aucun pouvoir sur les choix internes à votre logement. Seules les colonnes montantes communes restent gérées par le syndic.

Comment vérifier que mon tableau est conforme aux normes actuelles ?

Trois vérifications : 1) au moins deux interrupteurs différentiels 30 mA dont au moins un Type A ; 2) chaque circuit protégé par un disjoncteur calibré (10 A éclairage, 16 A prises, 20 A spécialisées, 32 A plaque) ; 3) repérage clair de chaque disjoncteur. EMS propose un diagnostic gratuit dans un rayon de 80 km autour de Belfort.

Mon différentiel déclenche sans raison apparente, que faire ?

Trois causes classiques : appareil défectueux (congélateur vieillissant, lave-linge en fin de vie, chauffe-eau humide), différentiel sous-dimensionné ou de mauvais type (AC sur courants pulsés), ou différentiel lui-même en fin de vie. Méthode de diagnostic : couper tous les disjoncteurs avals, en réarmer un à un pour isoler le circuit fautif.

Puis-je remplacer un différentiel moi-même ?

Légalement oui, mais en pratique fortement déconseillé. Il faut couper en amont (souvent au disjoncteur de branchement, donc plomb Enedis à reposer), travailler sur un tableau sous tension résiduelle, et garantir le bon serrage des bornes (1,5 à 2 Nm selon section). Une mauvaise pose peut provoquer un échauffement et un départ de feu. Faire appel à un électricien coûte 40 à 90 € de pose et vous garantit la responsabilité décennale.

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